Ambiance solennelle et parterre de personnalités civiles,militaires et religieuses ce vendredi à la cour d’appel de Caen, qui pour la circonstance avait levé les couleurs nationales au pied des marches de l’enceinte d’accueil des plus hautes juridictions locales. Le milieu judiciaire fêtait l’installation du nouveau procureur général près la cour d’appel de Caen, M. Eric Enquebecq.
Et l’installation d’un chef de cour reste dans ce milieu, un évènement, puisque M. Enquebecq n’est que le quatrième procureur général installé depuis 1989 dans le ressort.Son prédécesseur, M. Dominique le Bras l’avait été en 2003. Il a rejoint son nouveau poste la semaine dernière à la cour d’appel de Rouen. Parmi les personnalités présentes, on remarquait M. Christian Leyrit, préfet de région, de M. Ride, inspecteur général des services judiciaires, de M. yves Bot, avocat général auprès de la cour de justice européenne, de M. Eladari, ingénieur général des Ponts et Chaussée, pais aussi de M. Philippe Duron, député maire de Caen, de M. Ambroise Dupont, et de M. René Garrec, sénateurs du Calvados, de l’ensemble des chefs de parquets de la région et des présidents des sept tribunaux de grande instance du ressort, des présidents de juridictions consulaires, de fonctionnaires de l’administration pénitentiaire et de la protection judiciaire de la jeunesse, des représentants des avocats, des avoués des notaires et des huissiers, des greffiers des divers tribunaux , des responsables de la police et de la gendarmerie etc…
Le nouveau procureur général , qui n’est pas un inconnu puisqu’il a été avocat général à la cour d’appel de Caen pendant une vingtaine d’années, a été accueilli par le premier président M. Didier Marshall. Celui-ci a d’abord rendu un hommage appuyé à M. Le Bras, puis adressé des mots de bienvenue à celui avec lequel il va administrer dorénavant la cour d’appel de Caen.” Nous devons travailler ensemble sans renoncer à notre spécificité. Les différences doivent être au contraire source de complémentarité”. Le premier président a rappelé “les chantiers qui nous attendent sont nombreux avec notamment l’avenir du tribunal de grande instance de Lisieux et surtout celui de Caen qui sera reconstruit sur la presqu’île à échéance de quatre ou cinq ans. Il faudra également assurer la mise en place de la fusion entre les tribunaux d’Avranches et de Coutances, et assurer les difficiles arbitrages budgétaires dans un contexte national toujours plus contraint”.
Au nom du parquet général de Caen, C’est l’avocat général Pascal Chaux qui a souhaité la bienvenue à son chef de cour Eric Enquebecq , retraçant sa brillante carrière.” Né à Dax en 1948, le nouveau procureur général est entré dans la magistrature en 1972. Sa première affectation le conduira à Dieppe en 1975 , comme substitut du procureur. En 1979 , il sera détaché comme maitre de conférence à l’Ecole Nationale de la Magistrature de Bordeaux. En 1981, il gagnera le parquet de Rouen mais continuera ses interventions à l’ENM, où en 1983 , il occupera les fonctions de sous directeur de la formation continue. Il arrivera en 1985 comme substitut général , avant de devenir avocat général dans la même cour d’appel en 1991. En 2005, il quitte la basse Normandie pour prendre les fonctions de procureur général à Reims”, poste qu’il occupera jusqu’à ces derniers jours.
M. Chaux qui lui même arrive de Reims où M. Enquebecq l’avait installé dans les fonctions d’avocat général a salué” un magistrat de convictions, exigeant, ouvert et efficace”.
Emu et ravi de retrouver une cour et nombre de personnes qu’il connaît bien , Eric Enquebecq a dit sa joie d’être entouré d’amis tels que M. Yves Bot, des anciens premiers présidents honoraires de la cour d’appel de Caen, MM. Chilou et Guesdon, avant de saluer chacun de ses invités d’un mot aimable.
“Je reviens à Caen , pas comme quelqu’un qui connaît la cour, mais comme quelqu’un qui va la redécouvrir”. Puis s’adressant à M. Marshall, il l’a assuré : “ nous allons travailler dans l’harmonie et l’enthousiasme”. Il a dit son indignation d’avoir découvert les conditions de travail des personnels et des magistrats du TGI de Caen. “Nous ne serons pas trop de trois avec le soutien du préfet de région pour accélérer ce dossier, tant les conditions d’accueil de l’actuel TGI me semblent indignes”.
Le nouveau procureur général a aussi rappelé aux élus locaux et aux autorités locales qu’il serait “toujours à leur écoute pour tenter de résoudre les questions communes”. Parmi ses priorités M. Enquebecq a fait savoir aux forces de l’ordre qu’il souhaitait “une réactivité sur toutes les formes de violences et en particulier contre les forces de l’ordre. Je suis convaincu que le relâchement ou la culture de l’excuse conduisent à l’instabilité. Et je serai attentif à votre collaboration entre services” a-t-il encore lancé aux patrons des forces répressives. “Notre devoir est de veiller à ce que notre société française ne devienne pas un maillon faible”. Le procureur général a enfin souligné son sentiment sur l’avenir de la garde à vue ,”outil indispensable au démantèlement de la délinquance, mais dont il faudra corriger certains de ses aspects afin de l’améliorer”.